Verges célèbre Maria Perpinyà en cette année du 125e anniversaire de sa naissance

À l’occasion de la Diada, la fête nationale de la Catalogne, Verges consacrera une partie de la cérémonie institutionnelle du 11 septembre à l’écrivaine Maria Perpinyà i Sais, avec la lecture de plusieurs de ses textes accompagnée de musique.

En 2026, Verges commémore le 125e anniversaire de la naissance de Maria Perpinyà i Sais, écrivaine, poète, journaliste et traductrice née dans le village le 6 décembre 1901.

À l’occasion de la Diada, la fête nationale de la Catalogne célébrée chaque 11 septembre, la cérémonie institutionnelle organisée cette année à Verges accordera une place particulière à sa mémoire et à son œuvre. Plusieurs de ses textes seront lus en public, accompagnés de musique, permettant à ses mots de résonner une nouvelle fois dans le village où elle est née.

La Diada de Verges 2026 rendra hommage à Maria Perpinyà

La cérémonie aura lieu le vendredi 11 septembre 2026 à 13 heures, sur la placeta de l’1 d’Octubre, devant la mairie de Verges.

Après la lecture du manifeste de la Diada, plusieurs textes de Maria Perpinyà seront lus avec un accompagnement musical, à l’occasion du 125e anniversaire de sa naissance. La programmation officielle prévoit également un verre de cava à l’issue de la cérémonie.

Ce rendez-vous sera l’occasion de faire redécouvrir son œuvre aux habitants de Verges et de rappeler le parcours d’une femme qui, même lorsqu’elle vivait loin de son village natal, conserva un lien profond avec sa terre, sa langue et la culture catalane.

Affiche de la Diada de Verges 2026 consacrée à Maria Perpinyà
Programme de la Diada 2026 à Verges, avec lecture de textes de Maria Perpinyà à l’occasion du 125e anniversaire de sa naissance.

Maria Perpinyà i Sais, une écrivaine née à Verges

Maria Perpinyà i Sais est née à Verges le 6 décembre 1901 et est décédée à Banyoles le 6 juillet 1994.

Très jeune, elle manifeste un vif intérêt pour la littérature et commence à envoyer ses poèmes à différentes publications. En 1928, elle parvient à s’installer à Barcelone, où elle entre pleinement dans la vie intellectuelle et littéraire catalane de l’époque.

Elle travaille notamment comme rédactrice au journal El Matí et collabore à de nombreuses publications, parmi lesquelles La Veu de Catalunya, La Paraula Cristiana, La Revista, La Nova Revista, La Nau ou encore D’Ací i d’Allà.

Selon les recherches de l’historienne de la littérature Neus Real, elle avait déjà signé plus de deux cents contributions dans El Matí avant même la fin de l’année 1934 : poèmes, récits, critiques, articles et adaptations en catalan d’œuvres littéraires, notamment françaises.

Elle publie également le recueil de récits pour enfants El follet sentimental en 1930, puis deux recueils de poésie : Poemes en 1931 et Terra de vent en 1936.

La terre, le paysage, le pays et surtout le vent occupent une place importante dans une poésie profondément liée à son Empordà natal.

Une femme engagée dans la vie culturelle catalane

Maria Perpinyà appartient à cette génération de femmes qui, au cours des premières décennies du XXe siècle, commencent à conquérir une place plus visible dans le monde culturel et intellectuel catalan.

Elle participe activement à différentes initiatives culturelles et sociales, donne des conférences et s’intéresse particulièrement à la place des femmes dans la société.

Elle est notamment membre de l’Associació Protectora de l’Ensenyança Catalana et rejoint en 1931 la direction d’Acció Femenina, présidée par l’écrivaine et journaliste Carme Karr.

La guerre civile espagnole puis l’instauration de la dictature franquiste interrompent brutalement une carrière littéraire et journalistique alors bien établie.

Après la guerre, Maria Perpinyà renonce à poursuivre professionnellement son activité de journaliste plutôt que d’exercer son métier en castillan dans un régime qui empêchait l’usage public normal de la langue catalane. Une grande partie de sa production littéraire restera inédite, mais elle ne cessera jamais d’écrire.

Maria Perpinyà et la Procession de Verges

Son retour définitif à Verges lui permettra également de laisser une empreinte directe sur l’une des traditions les plus importantes du village.

En 1955, Maria Perpinyà révise et modernise les textes de la Procession de Verges, restructurée par son frère Carles Perpinyà. Son travail contribue à rendre le langage plus compréhensible tout en préservant le caractère et l’identité de la représentation.

Sa relation avec la Procession apparaît également dans sa propre œuvre poétique.

Elle est notamment l’auteure du poème « Dansa de la Mort a Verges », consacré à la célèbre Danse de la Mort de Verges. Le texte sera ensuite mis en musique et, en 1977, son interprétation sera retransmise à la télévision.

Maria Perpinyà appartient donc non seulement à l’histoire littéraire catalane, mais également à l’histoire culturelle de Verges et à l’évolution contemporaine de sa Procession.

Un lien particulier avec la langue et la culture françaises

Pour un lecteur francophone, un autre aspect de son parcours mérite d’être souligné.

Maria Perpinyà connaissait le français et traduisait des œuvres françaises en catalan. Cette connaissance lui permit d’adapter différentes créations littéraires et participa à son activité de traductrice tout au long de sa carrière.

La France apparaît également dans un épisode important de son parcours littéraire.

En 1948, lors des Jeux Floraux organisés à Paris, Maria Perpinyà obtient un accessit à la Viola d’Or avec son poème A la Verge de Montserrat.

Ce lien avec la culture française constitue une autre facette d’une auteure dont le parcours dépassait largement les frontières de son village natal, tout en restant profondément attachée à Verges et à la Catalogne.

Une mémoire toujours présente à Verges

Au fil des années, Verges a progressivement remis en valeur la figure de Maria Perpinyà.

Depuis 2012, une place du village porte son nom. La plaça de Maria Perpinyà, inaugurée le 8 mars de cette année-là, est devenue la première voie publique de Verges dédiée à une femme.

L’année du 125e anniversaire de sa naissance donne une nouvelle occasion de faire connaître son œuvre aux générations actuelles.

Lors de la Sant Jordi 2026, la fête catalane du livre et de la rose, l’Institut Escola de Verges avait déjà organisé une journée d’activités culturelles et littéraires accordant une place particulière à la lecture de ses poèmes.

La Diada du 11 septembre donnera maintenant une nouvelle continuité à cette redécouverte.

125 ans après sa naissance, ses mots résonnent à nouveau à Verges

Il y a quelque chose de particulièrement symbolique dans la manière choisie pour commémorer une écrivaine : faire entendre à nouveau ses propres mots.

Plus de neuf décennies après les années durant lesquelles Maria Perpinyà participait activement à la presse et à la vie littéraire catalanes, ses textes seront de nouveau lus publiquement à Verges.

Dans le village où elle est née.

Celui où elle est revenue vivre.

Et celui qui apparaît, directement ou à travers ses paysages, dans une grande partie de son univers poétique.

Le 11 septembre ne sera donc pas uniquement l’occasion de rappeler une date ou un anniversaire.

Ce sera une nouvelle occasion pour Maria Perpinyà de parler à travers les mots qu’elle nous a laissés.

Notre petit hommage à Maria Perpinyà

Pour LaProcessodeVerges.com, cette commémoration possède également une dimension profondément personnelle.

Maria Perpinyà était ma grand-mère.

Mais si nous souhaitions lui consacrer ces lignes, ce n’est pas uniquement en raison de ce lien familial.

Depuis vingt-cinq ans, ce site tente de recueillir, préserver et faire connaître l’histoire de la Procession de Verges et de toutes les personnes qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à construire le patrimoine culturel de notre village.

Maria Perpinyà appartient à cette histoire.

Par son œuvre littéraire.

Par son travail de journaliste.

Par sa fidélité à la langue catalane.

Par son attachement à Verges.

Et également par sa contribution à cette Procession dont notre site essaie, depuis tant d’années, de préserver et de transmettre la mémoire.

C’est pourquoi, en cette année du 125e anniversaire de sa naissance, nous souhaitions nous aussi nous associer à sa mémoire.

Un petit hommage depuis un site né bien après elle, mais consacré précisément à préserver une partie du monde culturel auquel elle a elle-même contribué.

Ce 11 septembre, Verges donnera une nouvelle fois la parole à Maria Perpinyà.