Au cours du parcours dans les rues du village, l’un des moments les plus émouvants est celui de la Première Chute. Dans ce tableau scénique, la figure de Véronique s’élève comme un symbole de piété et de réconfort au milieu de la souffrance. De même, son intervention sur la Placette est l’un des temps forts que chaque Vergélitain et visiteur attend avec recueillement.
La scène de la Première Chute sur la Placette
Lorsque la procession arrive sur la Placette, Jésus, accablé par le poids de la croix, tombe pour la première fois. C’est à cet instant que Véronique s’approche, avec un mélange de crainte et de dévotion. Il faut souligner que, selon le scénario traditionnel de Verges, la femme demande la permission d’essuyer le visage du condamné, voyant comment la sueur et le sang « enlaidissent la beauté de son visage ».
Le voile et le miracle du visage : « Quel prodige ! »
L’élément central de ce personnage est le voile qu’elle porte dans ses mains. Le texte de la représentation précise que le tissu est soigneusement humecté d’eau de nard et de rose, un détail qui souligne la délicatesse du geste. Une fois que Véronique a essuyé le visage de Jésus, en retirant le linge, le miracle visuel se produit, laissant tout le monde admiratif.
En effet, Véronique s’exclame avec surprise : « Oh, qu’est-ce que c’est ? Quel prodige ! N’est-ce pas là le propre visage de Jésus ? ». Alors, elle montre le voile avec l’image imprimée aux Juifs, qui se détournent dans un contraste dramatique entre la foi de la femme et la dureté des persécuteurs.
Symbolisme de Véronique dans le parcours vergélitain
Finalement, Véronique représente la récompense de la foi. Jésus la remercie pour son geste, affirmant qu’il a largement récompensé son action en lui offrant une « preuve inoubliable » de son amour. D’autre part, pour le spectateur, ce personnage offre une trêve de tendresse au milieu de la cruauté du chemin du Calvaire.
En résumé, Véronique et son voile sont des pièces indispensables de la narration visuelle de Verges. C’est pourquoi, son passage dans les rues étroites du village reste l’un des souvenirs les plus précieux que garde toute personne qui vit la nuit du Jeudi Saint.
