Au sein du cortège de la Première Chute, le groupe des Trois Maries représente la fidélité et la douleur des femmes qui n’abandonnent pas Jésus sur son chemin vers le Calvaire. En ce sens, leur présence sur la Placette apporte une dimension humaine et émotive qui contraste avec la dureté des Juifs.
À Verges, ce groupe est une pièce maîtresse de la narration visuelle de la procession. Bien que nous les voyions souvent comme un bloc compact, chacune d’elles a une identité propre, ancrée dans les Évangiles, qu’il est important de connaître pour comprendre leur rôle dans le village.
Qui sont les Trois Maries à Verges ?
Le terme « Les Trois Maries » fait référence à trois figures féminines fondamentales qui, selon la tradition, furent témoins de la crucifixion et les premières à découvrir le tombeau vide.
1. Marie Madeleine
C’est peut-être la figure la plus connue. Originaire de Magdala, elle fut une disciple distinguée qui, selon l’évangile de Saint Luc, fut guérie par Jésus. De plus, dans la Procession, elle symbolise la transformation et la dévotion absolue, étant celle qui annonce la nouvelle de la résurrection aux apôtres.
2. Marie de Cléophas
Souvent identifiée comme l’épouse de Clopas et, possiblement, la belle-sœur de la Vierge Marie. Dans ce contexte, sa figure à Verges représente le réseau familial et spirituel qui soutenait Jésus. Sa présence au pied de la croix la consacre comme l’une des disciples les plus fidèles dans les moments de plus grande souffrance.
3. Marie Salomé
Reconnue comme la mère des apôtres Jacques le Majeur et Saint Jean l’Évangéliste. D’autre part, certaines interprétations la situent comme la sœur de la mère de Jésus. À Verges, Marie Salomé clôt ce triangle de soutien féminin, apportant une perspective de maternité et de dévouement au drame sacré.
Le rôle de Marie, la mère de Jésus
Il faut souligner que, bien qu’elle ne fasse pas partie du groupe strict des « trois », la Vierge Marie est l’axe autour duquel gravitent ces femmes. Elle représente la force et la résilience féminine. De même, sa présence dans les rues durant le Jeudi Saint est ce qui donne son sens à la consolation que les autres Maries tentent de lui offrir.
Le dialogue lors de la Première Chute
Selon le texte qui est mis en scène sur la Placette, les Trois Maries s’approchent de Jésus avec une grande affliction. Alors, se produit l’un des échanges les plus poétiques de la nuit. Jésus, malgré le poids de la croix, se tourne vers elles pour leur demander de ne pas pleurer pour lui, mais pour elles-mêmes et pour leurs enfants.
En résumé, les Trois Maries ne sont pas seulement des témoins muets ; elles sont la personnification de la compassion et de la foi inconditionnelle. Pour cette raison, leur défilé dans les rues de Verges, avec leurs voiles et leur attitude de recueillement, reste l’un des piliers émotionnels les plus chers au public vergélitain.

